Fini le temps où Netscape faisait figure de challenger d'Internet explorer. Les avancés de développement de son concurrent Internet Explorer ont eu raison du prétendant. Pendant que Microsoft peaufinait sa version 6.0 Netscape est resté le même depuis longtemps. Marc Andressen, cofondateur de ce dernier a d'ailleurs fait savoir que " le logiciel de navigation n'a pas bénéficié d'innovations au cours des cinq dernières années, et n'en verra pas davantage au cours des cinq prochaines. ".
Le couperet est donc tombé sur la société du même nom, acculée au démantèlement par le propriétaire AOL Time Warner. Alors qu'AOL s'occupe de licencier 10% du personnel de Netscape, c'est vers Mozilla que ceux-ci se tournent. En bref, Netscape est bel et bien mort, et rien ne pourra le ramener, sauf peut être Mozilla, son petit frère spirituel.
C'est en 1999 que commence l'aventure Mozilla, tout d'abord, projet baptisé Phoenix (un nom prémonitoire), puis Firebird et finalement Mozilla. Le nouveau navigateur qui s'appuie sur la technique de l'open source. Cela signifie que tout utilisateur est libre de modifier le logiciel et de le distribuer autour de lui gratuitement. Le projet a été développé à partir du code source de Netscape avec l'approbation d'AOL. La version 1.4 est officiellement sortie le 30 juin 2003. Depuis la mort de son grand frère, Mozilla, la marque au grand lézard rouge est devenue le 15 juillet dernier une fondation à but non lucratif.
Trois outils en un
Logiciel libre, Mozilla a l'avantage de combiner un outil de navigation et un service de messagerie Thunderbird dont le site Linuxfr vient d'aznnoncer la dernière version. De quoi remplacer Internet Explorer et Outlook Express. Le nouveau challenger a de fortes chances de faire de l'ombre à Microsoft en s'attaquant à deux de ses grands piliers. Le logiciel offre aussi un éditeur Web permettant de créer un site perso sans avoir besoin de savoir programmer en HTML.
Mais Mozilla a plus d'une corde à son arc, il possède des fonctions inexistantes redoutables comme celle de bloquer les fenêtres pop up et autres publicités, chose que ne fait pas Internet Explorer. Il permet également grâce à des onglets de naviguer et d'afficher plusieurs sites au sein d'une même fenêtre. Tout ceci en plus d'enregistrer les plug-in et de gérer les cookies de sessions, les supprimer très simplement ou afficher leurs dates d'expirations. Ces derniers outils permettent à l'internaute d'effacer une partie des traces qu'il laisse sur la Toile. Mozilla permet également de zoomer sur n'importe quel texte, il s'inspire de la barre de Google en corrigeant les fautes d'orthographe des recherches sur le Web et plein d'autres choses encore. Le site Mozilla.tlk.fr, tout spécialement dédié au lézard ainsi qu'une publication sur le site Club Linux qui a répertorié les 101 choses qu'Internet Explorer est incapable de faire et que peut réaliser Mozilla.
Le lézard sort ses griffes
Désormais, la guerre est déclarée entre le lézard qui met le feu et le leader made in Microsoft.
Aujourd'hui, au bas mot 90% des internautes utilisent Internet Explorer, souvent parce que celui-ci est vendu avec l'ordinateur. Mozilla a donc du pain sur la planche pour véritablement rivaliser avec Microsoft. Le navigateur libre est déjà pré installé sur les versions Linux récentes. De leur côté les systèmes d'exploitation Mac OS X ne vont pas tarder à adopter Mozilla si ce n'est déjà fait. Car parmi les grands projets du lézard figure notamment l'intégration de Gecko (moteur de rendu qui permet de standardiser les pages Web, certains sites n'étant accessibles qu'avec qu'un type de navigateur) pour ces utilisateurs. Apple a d'ailleurs développé son propre logiciel de navigation baptisé Safari, qui est directement inspiré de Mozilla.
Mais Mozilla n'est pas qu'un navigateur parmi les autres, il s'avère être aussi une plate-forme. Avec cette nouvelle technologie, l'Internaute pourra comme le déclare Farhad Manjoo, dans le magazine Salon.com " utiliser la base du code de Mozilla pour construire des applications qui n'ont rien à voir avec celle d'un navigateur, comme des calendriers et des clients messagerie et d'autres bureaux Linux ". Bref, le couteau suisse indispensable à tout internaute qui se respecte.
Véronique Poezevara
Rezki Mammar